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8 juin 2026·Santé & Bien-être

Révisions du bac : 38 % des 14-20 ans consomment café, vitamines ou boissons énergisantes

Par Estelle Schneider · Actualité éducative

38,3 % des élèves de 14 à 20 ans déclarent consommer des produits stimulants pour tenir pendant leurs révisions. C'est le principal enseignement d'une enquête menée par la start-up de soutien scolaire Les Sherpas auprès de 1 184 élèves, du collège au bac+2, publiée en mai 2026.

Que dit l'enquête Les Sherpas sur les stimulants pendant les révisions ?
Les boissons énergisantes sont-elles dangereuses pendant les révisions ?
Peut-on prendre des médicaments pour se concentrer avant le bac ?
Quel est l'impact réel du manque de sommeil sur les révisions ?
Comment réviser efficacement sans stimulants ?

Que dit l'enquête Les Sherpas sur les stimulants pendant les révisions ?

Les chiffres exacts, produit par produit

Le café domine avec 17,9 % des élèves interrogés, suivi des vitamines à 14,9 %. Les boissons énergétiques concernent 11 % des répondants, et 3,7 % déclarent recourir à des médicaments ou à des stimulants.

L'enquête relève une surreprésentation des jeunes filles parmi les consommateurs. Elle indique aussi que la moitié de ces produits, soit 50,4 %, sont achetés directement par les élèves eux-mêmes, y compris les plus risqués.

Une enquête d'entreprise, à lire avec précaution

Ce sondage a été commandé et diffusé par une entreprise de cours particuliers, à l'occasion de la Journée Nationale des Révisions. Ce n'est ni une étude publique, ni une publication scientifique évaluée par des pairs.

Le périmètre compte aussi. Les 1 184 répondants vont du collège au bac+2, et les chiffres ne portent donc pas uniquement sur les candidats au baccalauréat, contrairement à ce qu'ont pu laisser entendre certaines reprises médiatiques.

Les boissons énergisantes sont-elles dangereuses pendant les révisions ?

Combien de caféine dans une canette

Une canette de 250 ml de boisson dite énergisante contient entre 80 et 160 mg de caféine, selon l'Assurance maladie. L'Anses estime que cela équivaut en moyenne à deux expressos, ou à plus de deux canettes de soda au cola.

Ce que recommande l'Anses pour les adolescents

Dans son avis de 2017, l'Anses recommande d'éviter la caféine et les boissons qui en contiennent chez les enfants et les adolescents. Leur poids corporel plus faible les expose davantage aux effets indésirables, à quantité ingérée égale.

L'agence cite des troubles neurologiques et psychocomportementaux ainsi que des troubles cardiovasculaires. Elle souligne également que la caféine perturbe le sommeil des adolescents, avec des effets néfastes sur les capacités cognitives et les performances scolaires.

En France, la vente de ces boissons aux mineurs n'est pas interdite par la loi. Seules des recommandations officielles encadrent leur consommation, le ministère de la Santé les réservant aux adultes.

Un effet contre-productif sur la mémorisation

Boire ces produits pour réviser tard revient à dégrader l'outil dont dépend l'apprentissage. Le sommeil est la phase pendant laquelle le cerveau trie et consolide ce qui a été travaillé dans la journée.

Peut-on prendre des médicaments pour se concentrer avant le bac ?

Le méthylphénidate est un stupéfiant soumis à prescription

Le méthylphénidate, principe actif de la Ritaline et du Concerta, est classé parmi les stupéfiants en France. Sa prescription initiale et ses renouvellements annuels sont réservés aux spécialistes en neurologie, psychiatrie ou pédiatrie.

Il est indiqué dans le traitement du trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, pas pour compenser une fatigue passagère. En dehors d'une prescription, sa détention est illégale.

L'ANSM signale parmi les effets indésirables l'insomnie, la perte d'appétit, les maux de tête, l'anxiété, l'irritabilité et une accélération du rythme cardiaque. Des incertitudes demeurent sur les effets à moyen et long terme.

Ce que prévoit réellement le règlement du baccalauréat

Contrairement à une idée répandue, il n'existe aucun contrôle antidopage au baccalauréat. Le ministère de l'Éducation nationale définit la fraude comme le fait de communiquer avec d'autres candidats, d'utiliser un document ou un matériel non autorisé, ou de se faire remplacer.

Les sanctions prévues par le code de l'éducation vont du blâme à l'interdiction de subir tout examen conduisant au baccalauréat pendant cinq ans au maximum. Elles visent la fraude aux épreuves, pas la consommation de substances.

Le risque lié aux psychostimulants détournés est donc sanitaire et pénal, et non disciplinaire au sens des épreuves du bac.

Quel est l'impact réel du manque de sommeil sur les révisions ?

Ce que recommande l'Institut national du sommeil

L'Institut national du sommeil et de la vigilance situe le besoin des 15-24 ans au-dessus de huit heures par nuit. Selon son enquête avec la MGEN, près de quatre jeunes sur dix dorment moins de sept heures en semaine.

Les nuits sacrifiées des périodes de révision

L'enquête Les Sherpas confirme cette tendance. 83,2 % des élèves déclarent avoir déjà révisé tard dans la nuit, et 63,2 % estiment dormir peu ou très peu. Chez les plus de 21 ans, seuls 23,7 % dorment suffisamment.

Anne-Claire de Pracomtal, coach scolaire et thérapeute familiale citée dans l'enquête, décrit un mécanisme simple. Les élèves compensent un manque de méthode par de l'intensité, travaillent plus tard et plus longtemps sans cadre, ce qui installe un cercle fatigue-stress difficile à rompre.

Pourquoi le sommeil compte autant pour les révisions

Les phases de sommeil jouent un rôle direct dans la consolidation de la mémoire. Réduire ses nuits pour allonger le temps de travail revient donc à réviser plus longtemps sur des bases moins solides.

Les élèves peuvent s'appuyer sur les ressources pédagogiques de la classe de première générale pour organiser leur préparation sans multiplier les nuits courtes.

Comment réviser efficacement sans stimulants ?

Le vrai problème est souvent méthodologique

L'enquête met en évidence une lacune plus profonde. 54,4 % des élèves déclarent n'avoir jamais appris à réviser, ni au collège, ni au lycée, ni dans le supérieur.

Étienne Porche, cofondateur des Sherpas, observe que faute de méthode, les élèves s'en tiennent aux techniques les plus instinctives, relire ses cours et recopier des fiches. La recherche en sciences cognitives classe ces deux méthodes parmi les moins efficaces.

Des méthodes de travail qui remplacent la caféine

Les techniques les plus rentables demandent plus d'effort sur le moment, mais fixent durablement les connaissances.

  • Se tester sans regarder ses notes, plutôt que relire passivement
  • Reformuler une notion à voix haute, comme si on l'expliquait à quelqu'un
  • Espacer les reprises d'un même chapitre sur plusieurs jours
  • Alterner sessions de travail concentré et vraies pauses, écrans éteints

Ces méthodes remplacent avantageusement les longues plages de révision sous caféine, pendant lesquelles l'attention chute sans qu'on s'en rende compte.

Sommeil, hydratation et alimentation

Anne-Claire de Pracomtal résume les repères utiles à retrouver : dormir, planifier, fractionner l'effort, et accepter que l'efficacité ne passe pas par l'épuisement. Elle insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de culpabiliser les élèves.

Boire de l'eau régulièrement, prendre de vrais repas et privilégier fruits secs, poissons gras et céréales complètes soutiennent la concentration sans effet rebond. Ce sont des leviers modestes, mais ils tiennent sur toute la durée des révisions.

Si la pression devient difficile à porter, en parler à son professeur principal, à l'infirmerie scolaire ou à son médecin traitant reste plus utile que de chercher à tenir seul avec des stimulants.

Les candidats trouveront des méthodes de travail adaptées sur la page dédiée à la terminale générale.

Besoin de méthodes pour préparer sereinement votre baccalauréat ? Découvrez nos ressources pédagogiques sur la page première générale ou la page terminale générale.

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