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11 juin 2026·Mathématiques

Épreuve anticipée de maths : ce que reproche le SNESUP-FSU au bac 2026

Par Camille Berthier · Mathématiques

Une déclaration au lendemain d'une épreuve inédite

Le vendredi 12 juin 2026, les élèves de première ont passé pour la première fois une épreuve anticipée de mathématiques. Le même jour, le principal syndicat des enseignants et chercheurs du supérieur a critiqué le format retenu.

La formule a circulé, souvent détachée de son objet. Voici ce qui a réellement été dit, et sur quoi portait la critique.

Ce qu'a réellement dit le SNESUP-FSU
Le contexte : le retour des maths dans le tronc commun
Les autres critiques, et les arguments en sens inverse
Ce que le baccalauréat évalue en mathématiques
Ce que cela change pour les élèves

Ce qu'a réellement dit le SNESUP-FSU

La déclaration du 12 juin 2026

Caroline Mauriat, co-secrétaire générale du SNESUP-FSU, principal syndicat des enseignants et chercheurs du supérieur, s'est exprimée sur franceinfo le jour même de l'épreuve.

Son argument tient en une phrase : ce qui importe est que les étudiants arrivent dans le supérieur en maîtrisant certains concepts mathématiques, et « ce n'est pas par une évaluation qu'on l'obtient ».

Un reproche adressé à une épreuve précise

Le syndicat ne conteste pas le principe d'évaluer les mathématiques au baccalauréat. Il dénonce le format de la nouvelle épreuve anticipée de première, en estimant qu'une évaluation ne produit pas à elle seule la maîtrise qu'elle prétend mesurer.

Autrement dit, le débat porte moins sur la notation que sur les moyens consacrés à l'apprentissage en amont.

Le contexte : le retour des maths dans le tronc commun

Supprimées en 2019, rétablies en 2023

La réforme du lycée de 2019 avait retiré les mathématiques du tronc commun de la voie générale. Un élève ne choisissant pas la spécialité pouvait donc n'en suivre aucune à partir de la première.

Depuis la rentrée 2023, tous les élèves de première générale suivent au minimum une heure et demie de mathématiques par semaine. L'épreuve anticipée vient évaluer ce socle rétabli.

Une épreuve de deux heures, coefficient 2

Créée par le décret du 10 juin 2025, cette épreuve concerne les voies générale et technologique, que l'élève suive ou non la spécialité mathématiques.

  • Écrit de deux heures, noté sur 20, coefficient 2
  • Première partie sur 6 points : questionnaire à choix multiples sur les automatismes
  • Seconde partie sur 14 points : deux ou trois exercices indépendants
  • Calculatrice interdite
  • La note compte pour la session 2027 du baccalauréat

Elle ne remplace pas l'épreuve de spécialité de terminale, qui reste affectée d'un coefficient 16 et se déroule en juin, et non en mars comme c'était le cas lors de la seule session 2023.

Les autres critiques, et les arguments en sens inverse

Du côté du second degré

Pierre Priouret, responsable du groupe mathématiques au Snes-FSU, y voit un renforcement de la sélection. Selon lui, le ministère cherche une évaluation de fin de première destinée à Parcoursup, plutôt qu'un dispositif conçu pour soutenir les apprentissages.

Du côté des mathématiciens

Mélanie Guenais, fondatrice du Collectif Maths&Sciences, souligne le contraste entre le coefficient 2 de cette épreuve et le coefficient 10 du français. Elle y lit un signal adressé à Parcoursup plus qu'un instrument pédagogique.

Les arguments favorables

Les partisans de la mesure font valoir qu'un enseignement rétabli dans le tronc commun n'a de portée que s'il est évalué, faute de quoi il risque d'être négligé par les élèves comme par les emplois du temps.

Ils ajoutent qu'une note nationale reste plus lisible pour l'enseignement supérieur qu'un bulletin dont l'exigence varie d'un établissement à l'autre. Le débat n'est pas tranché.

Ce que le baccalauréat évalue en mathématiques

Les six compétences des programmes

Les programmes officiels définissent six compétences mathématiques : chercher, modéliser, représenter, raisonner, calculer et communiquer.

Une épreuve écrite en temps limité mesure surtout le calcul, le raisonnement et la modélisation dans un cadre balisé. La recherche exploratoire et la communication scientifique y sont, par construction, moins sollicitées.

Contrôle continu et épreuves terminales

Le baccalauréat combine déjà les deux logiques : 40 % de contrôle continu, fondé sur les moyennes de première et de terminale, et 60 % d'épreuves terminales.

Le contrôle continu suit la progression sur la durée, mais son exigence peut varier selon les établissements. L'épreuve nationale garantit un cadre commun, mais ne mesure qu'un jour donné. C'est précisément l'arbitrage que chaque réforme redéfinit.

Ce que cela change pour les élèves

Concrètement, les élèves de première ont désormais trois épreuves anticipées : le français écrit, le français oral et les mathématiques.

Avec un coefficient 2, l'enjeu de note reste limité, cinq fois inférieur au français. Son poids est surtout celui d'un indicateur visible dans le dossier Parcoursup, aux côtés des bulletins.

Pour ceux qui poursuivent la spécialité, l'épreuve de terminale et son coefficient 16 demeurent l'échéance déterminante. Les élèves de terminale générale ont donc intérêt à y consacrer l'essentiel de leur travail.

Les automatismes évalués par le questionnaire à choix multiples se travaillent par sessions courtes et régulières tout au long de l'année, d'autant que la calculatrice est interdite. C'est le point sur lequel une préparation de dernière minute est la moins efficace.

Vous préparez vos épreuves de mathématiques ? Retrouvez les fiches et exercices par niveau sur la page terminale générale.

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