Bac 2026 : ce que dit vraiment la règle sur l'orthographe dans toutes les matières
Une règle souvent mal comprise
Depuis la session 2026, la qualité rédactionnelle est prise en compte dans la note de toutes les épreuves du baccalauréat et du brevet, y compris scientifiques. La mesure a été largement résumée en une formule expéditive : trop de fautes, pas de bac.
Le texte ministériel est plus précis que cela, et le seuil qu'il fixe n'est pas celui que beaucoup d'élèves ont retenu.
Que dit exactement la nouvelle règle sur l'orthographe au bac ?
Pourquoi les enseignants dénoncent-ils un flou ?
Le niveau en français baisse-t-il réellement ?
Pourquoi la langue compte dans toutes les matières
Comment progresser d'ici les épreuves ?
Que dit exactement la nouvelle règle sur l'orthographe au bac ?
Deux circulaires, en mars puis en mai 2026
Une première circulaire du 26 mars 2026 pose le principe. Les épreuves du brevet et du baccalauréat prennent en compte, dans l'attribution de la note, la qualité rédactionnelle : orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos.
Une seconde circulaire, publiée le 7 mai et adressée à l'ensemble des personnels, précise le seuil applicable à la moyenne du baccalauréat.
Le seuil réel est l'illisibilité, pas la faute isolée
Selon la formulation reprise par France 3, la condition posée est celle d'une copie « dont la lecture est incompréhensible » en raison d'un niveau insuffisant en orthographe, en syntaxe et en grammaire.
La nuance est décisive. Il ne s'agit pas d'un barème éliminatoire déclenché par un nombre de fautes, mais du cas où le correcteur ne parvient plus à suivre le propos. Une copie fautive mais lisible n'entre pas dans ce cadre.
Ce que cela change dans les matières scientifiques
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a résumé le principe appliqué aux disciplines scientifiques : un raisonnement mathématique juste mais mal rédigé ne peut plus obtenir la note maximale.
L'inspection générale travaille sur un barème applicable à l'ensemble des épreuves. Ces mesures complètent celles annoncées fin décembre 2025, dont l'encadrement des points de jury.
Pourquoi les enseignants dénoncent-ils un flou ?
Un barème encore attendu
À la veille des épreuves de juin 2026, de nombreux professeurs ont signalé l'absence de règles d'application claires. Sans grille commune, la pénalisation risque de varier d'un correcteur à l'autre.
Olivier Thiébaut, professeur d'histoire-géographie au lycée Fourier d'Auxerre et représentant du SNES-FSU, estime que la mesure répond davantage à une attente d'opinion qu'à un objectif de réussite des élèves.
Le contre-argument syndical
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, rappelle que les fautes compliquaient déjà la compréhension d'une copie et pesaient donc de fait sur la note, avant toute circulaire.
Le syndicat demande des règles explicites et fait valoir que la priorité serait de donner aux élèves les moyens de progresser en amont, plutôt que d'agir sur la notation à quelques semaines des épreuves.
Le niveau en français baisse-t-il réellement ?
Ce que mesure l'étude de la DEPP
La note d'information n° 22.37 de la DEPP, publiée en décembre 2022, compare les résultats d'une même dictée passée par des élèves de CM2 en 1987, 2007, 2015 et 2021.
Sur un texte de 67 mots, le nombre moyen d'erreurs passe de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007, 18 en 2015 et 19,4 en 2021. La principale source de difficulté reste l'orthographe grammaticale, c'est-à-dire les règles d'accord.
Deux précisions comptent. L'étude porte sur des élèves de CM2, pas de lycée, et sur l'orthographe, pas sur le vocabulaire. Par ailleurs, la dégradation ralentit : l'écart entre 2015 et 2021 est plus faible que sur les périodes précédentes.
Ce qu'observe l'enseignement supérieur
Alain Joyeux, président de l'association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales, parle d'un « effondrement » depuis trois à quatre ans.
Il indique que des étudiants recrutés avec mention bien ou très bien au baccalauréat peuvent produire des copies comportant de 40 à 60 fautes. Les erreurs citées sont élémentaires : confusion entre infinitif en « er » et participe passé en « é », ou accentuation du « a ».
Ce que ces données ne disent pas
Aucune étude publique ne quantifie la part des lycéens dont le vocabulaire serait insuffisant pour comprendre un sujet d'examen. Les constats disponibles sont des observations professionnelles, utiles mais non chiffrées à l'échelle nationale.
Il faut donc se garder des formules du type « la moitié des élèves » : elles circulent, mais ne reposent sur aucune mesure établie.
Pourquoi la langue compte dans toutes les matières
Comprendre l'énoncé avant de répondre
Un mot mal compris dans une consigne oriente toute la copie. En histoire-géographie, en SVT ou en physique-chimie, chaque discipline mobilise un lexique propre qu'il faut avoir travaillé pour décoder la question posée.
Ce lexique s'apprend comme le reste du programme. Repérer les termes récurrents des énoncés d'annales et vérifier qu'on sait les définir est un exercice rapide et rentable.
Rédiger un raisonnement
En mathématiques, justifier une démarche suppose d'énoncer clairement chaque étape. Un résultat juste posé sans explication ne vaut pas la totalité des points, et c'est précisément ce point que la circulaire vient renforcer.
Les élèves de terminale générale ont intérêt à s'entraîner à rédiger leurs réponses en entier, et pas seulement à trouver le résultat.
Comment progresser d'ici les épreuves ?
Cibler l'orthographe grammaticale
Puisque les accords concentrent l'essentiel des erreurs, c'est là qu'un travail ciblé rapporte le plus. Accord sujet-verbe, accord dans le groupe nominal, participe passé : trois familles de règles à sécuriser en priorité.
Relire de façon méthodique
Relire une copie en cherchant tout à la fois ne fonctionne pas. Mieux vaut plusieurs passages ciblés.
- Un passage pour les terminaisons de verbes
- Un passage pour les accords des noms et adjectifs
- Un passage pour la ponctuation et la longueur des phrases
Écrire des phrases courtes réduit mécaniquement le nombre de pièges grammaticaux. Multiplier les subordonnées et les parenthèses augmente les risques sans améliorer la démonstration.
Lire et écrire régulièrement
La lecture suivie, qu'il s'agisse de presse, d'essais ou de romans, reste le moyen le plus simple d'enrichir son vocabulaire et de fixer des tournures correctes sans effort conscient.
S'entraîner à reformuler une notion à l'oral, puis à l'écrire, ancre les mots dans un usage réel. Les ressources de la classe de première générale permettent de travailler ces réflexes avant l'année de terminale.
Besoin de consolider vos bases avant les épreuves ? Découvrez les fiches et exercices par matière sur la page terminale générale.