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7 septembre 2026·Actualité éducative

Enquête Pisa 2025 : résultats historiquement bas pour la France

Par Estelle Schneider · Actualité éducative

Les élèves français de 15 ans ont obtenu leurs plus mauvais résultats à l'enquête internationale Pisa, publiée mardi 8 septembre 2026. Si la France reste dans la moyenne des pays de l'OCDE, le ministre de l'Éducation Edouard Geffray qualifie ces scores de "préoccupants" et annonce un "grand chantier" centré sur le collège pour le prochain quinquennat.

Des résultats en baisse continue depuis 2012

L'enquête Pisa 2025 a évalué 6 500 élèves français de 15 ans, entrés en CP en 2015 et au collège en 2020. Les résultats montrent une baisse généralisée dans les trois domaines testés.

En compréhension de l'écrit, le score français est passé de 474 points en 2022 à 456 points en 2025, soit une chute de 18 points. En mathématiques, la baisse est de 16 points sur la même période.

Selon l'OCDE, 20 points représentent environ une année de scolarité. Les sciences restent le domaine le plus stable, avec une baisse limitée à 4 points.

Une tendance de long terme

Entre 2012 et 2025, les performances françaises ont reculé dans tous les domaines. Le score en lecture est passé de 505 à 456 points, celui en mathématiques de 484 à 458 points, et celui en sciences de 499 à 483 points.

La France se situe désormais dans la moyenne basse de l'OCDE en mathématiques, entre la Hongrie et l'Espagne. "C'est préoccupant mais ce n'est, hélas, pas une surprise", a déclaré Edouard Geffray au journal Le Monde.

Un effondrement des élèves très performants

Le pourcentage d'élèves très performants s'est effondré en dix ans. En mathématiques, ils ne représentent plus que 5% des effectifs en 2025, contre 11% en 2015.

En compréhension de l'écrit, la chute est similaire : 5% d'élèves très performants en 2025, contre 13% en 2015. Pour Éric Charbonnier, spécialiste de l'éducation à l'OCDE, "notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés".

Autre donnée alarmante : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite. Cette proportion montre l'ampleur des difficultés rencontrées dès le collège.

Un écart social qui se réduit par le bas

Depuis 2015, l'écart de performance entre élèves favorisés et défavorisés s'est réduit. Mais cette réduction s'explique par la baisse des résultats des élèves favorisés, tandis que ceux des élèves défavorisés sont restés stables.

L'OCDE note aussi une nouveauté inquiétante : la baisse de la compréhension de l'écrit chez les garçons issus des milieux les plus favorisés.

Les facteurs explicatifs selon l'OCDE et le ministère

L'immigration n'est pas en cause dans ces résultats. L'écart de performance entre adolescents issus de l'immigration et non-immigrés est stable depuis 2015, précise l'OCDE.

L'organisation internationale pointe en revanche deux facteurs préoccupants : l'affaiblissement du soutien parental et la multiplication des réformes éducatives sans continuité.

Réseaux sociaux et investissement parental

Pour Edouard Geffray, les réseaux sociaux constituent une "arme de destruction intellectuelle massive". Il évoque également "la diminution de l'investissement des parents dans la scolarité".

Chaque famille recevra après les vacances de la Toussaint un document détaillant les apprentissages de l'année scolaire, afin de mieux associer les parents au suivi des apprentissages.

La question de l'investissement public

Selon Éric Charbonnier, le niveau de dépense publique n'explique pas ces mauvais résultats. "La France a une dépense d'éducation assez forte par rapport aux performances obtenues", observe-t-il. Il recommande surtout de "bien investir l'argent".

Le collège, "grand chantier" du prochain quinquennat

Le ministre de l'Éducation identifie le collège comme priorité pour redresser le niveau. "On aurait dû s'interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège", reconnaît-il.

Edouard Geffray souhaite augmenter de 50% d'ici cinq ans les heures d'autonomie accordées aux collèges. Objectif : "renforcer le soutien aux élèves en difficulté" et "diversifier l'offre".

Objectif 2033 : revenir dans la tête du classement

"Si nous arrivons à mener à la fois le chantier de la pédagogie et celui de l'autonomie des établissements, on pourrait en 2033 revenir dans la tête du classement", a-t-il déclaré.

Le ministre mise sur deux leviers : permettre aux enseignants de "mettre en œuvre les pratiques pédagogiques les plus efficaces" et donner plus de marges de manœuvre aux établissements.

Des réactions politiques contrastées

Gabriel Attal, ancien ministre de l'Éducation en 2023 et candidat Renaissance à l'élection présidentielle, a qualifié ces résultats d'"alarmants". "Relever le niveau, respecter l'autorité du professeur, avoir des élèves heureux : président de la République, ce sera ma première priorité", a-t-il écrit sur X.

Bruno Retailleau, candidat LR, propose de supprimer le collège unique "au profit de parcours adaptés". "Combien de classements Pisa désastreux faudra-t-il pour que l'Éducation nationale ouvre les yeux ?", a-t-il commenté.

L'éducation s'impose comme un thème central de la campagne présidentielle en cette période de rentrée scolaire.

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