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6 septembre 2026·Enseignement supérieur

Nouveau master enseignement : 120 étudiants testent la formule

Par Carla Andrieux · Actualité éducative

En septembre 2026, l'Inspé de Paris accueille les 120 premiers étudiants du master enseignement et éducation (M2E), qui remplace l'ancien MEEF. Cette nouvelle formule introduit une rémunération dès la première année et une entrée progressive dans le métier. Entre enthousiasme et difficultés administratives, ces futurs enseignants et CPE découvrent un parcours repensé.

Une rentrée sous le signe de la réforme

Le 2 septembre 2026, le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a accueilli la première promotion de M1 master enseignement et éducation à l'Inspé de Paris. Ces 120 étudiants, tous lauréats des nouveaux concours organisés au printemps, deviennent dès cette année élèves stagiaires de l'Éducation nationale.

Le ministre leur a rappelé qu'ils rejoignaient 1,2 million de collègues. Cette rentrée marque le lancement d'une formule entièrement repensée, qui remplace le master MEEF et vise à mieux préparer les futurs professeurs des écoles, enseignants du second degré et CPE.

La particularité centrale de ce nouveau master : une rémunération de 1 400 euros dès le M1, puis de 1 800 euros en M2. Cette mesure vise à soutenir financièrement les étudiants pendant leur formation.

Des débuts marqués par le flou administratif

Quand le ministre interroge les étudiants sur l'avancement de leurs démarches administratives, la réponse est claire : non, tout n'est pas réglé. Plusieurs étudiants ne sont pas encore inscrits à l'Inspé et ne disposent pas de certificat de scolarité.

Antoine, futur professeur des écoles, remplit un questionnaire de préinscription sur son téléphone pendant l'allocution. D'autres peinent à trouver un logement, les propriétaires demandant soit des bulletins de salaire, soit une preuve du statut d'étudiant.

Lilian, en M2E de mathématiques, découvre le jour de la rentrée le campus où il est affecté. Claire, en filière second degré, déplore le manque d'informations sur les stages. Un autre Antoine se veut plus indulgent : première année oblige, le flou reste compréhensible.

Une diversité de profils qui complique l'organisation

Alain Frugière, directeur de l'Inspé de Paris, explique que la diversité des situations des lauréats a retardé le travail de la scolarité. Les informations déclarées lors de l'inscription doivent être vérifiées par le rectorat avant l'affectation dans les bonnes cohortes.

Cette première rentrée intervient après une année de L3 marquée par l'incertitude autour des concours. Claire rappelle qu'un mois avant les écrits, personne ne savait si les épreuves auraient lieu à cause du budget. Dans certaines académies, l'affectation des lieux de stages pour les M2 a également posé problème.

Une entrée progressive et accompagnée dans le métier

Malgré les couacs administratifs, les étudiants affichent leur enthousiasme. Elsa, 21 ans, entre en M2E CPE et attend avec impatience ses premières périodes de stage. Abigaïl, lauréate en documentation, se satisfait du programme prévu.

Dès octobre, plusieurs semaines d'observation active sont prévues selon les filières. À partir de janvier, une deuxième période de stages pratiques permettra aux M1 de se voir progressivement confier quelques heures de cours, toujours aux côtés d'un enseignant titulaire.

Une dernière semaine exploratoire complète le dispositif : dans le premier degré pour les lauréats des Capes, dans le second degré pour les futurs professeurs des écoles. Cette progression vise à éviter l'effet "jeté dans le bain" ressenti par les promotions précédentes.

Un accompagnement renforcé

Frédéric Bouvier, directeur adjoint du M2E professorat des écoles, rassure : les étudiants ne seront pas laissés seuls face à leurs classes. Elsa y voit une bonne manière d'entrer sur le terrain en douceur. Antoine apprécie de pouvoir passer plus de temps sur le terrain avant les premières années de réelle pratique.

La rémunération constitue un atout supplémentaire. Antoine a pu arrêter son job étudiant grâce au statut d'élève stagiaire. Cette aide financière facilite la concentration sur la formation.

Un double statut à apprivoiser

Les étudiants du M2E doivent composer avec deux institutions : l'Inspé pour la formation, et l'académie pour leur statut d'employé. Frédéric Bouvier admet que certaines questions, notamment sur la rémunération, arriveront peut-être à l'Inspé alors que c'est le rectorat qui gère cet aspect.

Le responsable se réjouit néanmoins de disposer de promotions plus restreintes que l'année précédente, permettant un accompagnement plus personnalisé de chaque élève stagiaire.

Le parcours vers la titularisation

Les M1 réaliseront 12 semaines de stage cette année. En M2, ils seront à mi-temps en responsabilité devant une classe en tant que fonctionnaires stagiaires. L'objectif final : la titularisation.

Pour y parvenir, ils devront valider leur M1 et obtenir un avis positif du rectorat pour accéder au statut de fonctionnaire stagiaire en M2. Ce parcours complet vise à former des enseignants mieux préparés aux réalités du métier.

Pour les collégiens et lycéens qui découvrent cette nouvelle voie, les choix d'orientation post-bac intègrent désormais cette formule repensée de formation aux métiers de l'enseignement.

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