500 millions d'euros pour l'enseignement supérieur en 2027
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Philippe Baptiste a présenté le 23 septembre 2026 les orientations budgétaires pour 2027 lors de sa conférence de presse de rentrée. Une enveloppe de 500 millions d'euros supplémentaires sera allouée au secteur.
I. Une enveloppe de 500 millions d'euros sans hausse des frais d'inscription
Le budget consacré à l'enseignement supérieur et à la recherche progressera de 500 millions d'euros en 2027. Philippe Baptiste qualifie cette rallonge de « budget contraint mais qui n'en reste pas moins ambitieux ».
Cette augmentation n'entraînera aucune hausse des frais d'inscription à l'université. Les étudiants ne verront donc pas leur contribution financière augmenter malgré l'injection de fonds supplémentaires dans le secteur.
1. La répartition des financements
Le ministre a détaillé les principales affectations de cette enveloppe budgétaire. Les priorités se concentrent sur l'amélioration des conditions de vie étudiante et la mise en œuvre de réformes pédagogiques.
Cette progression budgétaire s'inscrit dans une volonté de maintenir l'ambition pour l'enseignement supérieur malgré un contexte financier national contraint.
II. 143 millions d'euros pour généraliser le repas Crous à 1 euro
Une enveloppe de 143 millions d'euros sera dédiée à la généralisation du repas Crous à 1 euro. Cette mesure concerne désormais l'ensemble des étudiants, y compris les non-boursiers.
Ces fonds permettront de compenser le manque à gagner des Crous suite au passage des repas de 3,30 euros à 1 euro. Le ministre a précisé que « la répartition du budget se fera au cas par cas pour chaque Crous ».
1. Financement du dispositif
L'argent alloué servira à plusieurs objectifs opérationnels. Il permettra de recruter du personnel supplémentaire dans les restaurants universitaires pour faire face à l'afflux d'étudiants.
Les Crous pourront également investir dans du mobilier et agrandir leurs stocks de nourriture pour répondre à la demande croissante. Cette organisation individualisée vise à s'adapter aux réalités de chaque territoire.
143 millions d'euros seront consacrés à la généralisation du repas Crous à 1 euro pour tous les étudiants en 2027
2. Le logement étudiant dans les temps
Philippe Baptiste a rappelé que la construction des 45 000 logements étudiants annoncée en 2025 progressait conformément au calendrier prévu. Le logement représente le premier poste de dépense des étudiants français.
Cette mesure s'inscrit dans une stratégie globale d'amélioration du pouvoir d'achat étudiant, articulée autour de l'alimentation et de l'hébergement.
III. 5 millions d'euros pour la réforme des études de santé
Un budget de 5 millions d'euros sera débloqué pour accompagner la mise en place de la nouvelle réforme des études de santé. Cette transformation modifie profondément l'accès aux filières médicales.
La future licence en santé, dont le nom définitif reste à déterminer, proposera aux étudiants deux disciplines majeures. La santé sera obligatoire et une autre matière devra être choisie parmi dix options disponibles.
1. Un accès dès la première année
Les étudiants pourront accéder aux études de santé et à l'ensemble des filières MMOPK dès la première année. Ces filières regroupent la médecine, la maïeutique, l'odontologie, la pharmacie et la kinésithérapie.
En cas d'échec, les étudiants auront l'opportunité de redoubler et de retenter leur chance. Ce dispositif vise à offrir une seconde possibilité aux candidats motivés.
IV. Des questionnements pour la présidentielle
À l'approche de l'élection présidentielle, Philippe Baptiste a souhaité placer certains sujets au cœur du débat public. Le ministre estime que « ne pas en discuter maintenant, c'est garantir qu'il ne se passera rien demain ».
Cette prise de position vise à inscrire les enjeux de l'enseignement supérieur dans l'agenda politique national. Pour les candidats libres qui préparent le baccalauréat général ou technologique, ces débats concernent directement leur accès futur à l'université.
1. Le rôle du baccalauréat remis en question
Philippe Baptiste a interrogé la fonction actuelle du baccalauréat dans l'accès à l'enseignement supérieur. Il a déclaré : « Je n'imagine pas un système où on interdirait l'accès à l'enseignement supérieur à des bacheliers ».
Il propose toutefois une évolution : « Selon le niveau de l'élève et sa filière, il faudrait mettre en place une année propédeutique de remise à niveau qui garantirait que l'élève ait une chance réelle de réussir la formation qu'il envisage ».
2. La place de l'intelligence artificielle dans les études
Le ministre a également abordé l'intégration de l'intelligence artificielle dans les parcours universitaires. Il estime que l'enseignement supérieur doit préparer les étudiants « à utiliser l'IA ».
Philippe Baptiste insiste : « Il ne faut surtout pas se laisser dominer par la puissance de ces outils. Il faut que les étudiants comprennent comment ils fonctionnent, pour qu'ils puissent s'en saisir et qu'ils réfléchissent à la valeur ajoutée de ces outils dans leur travail. »
L'essentiel
- 500 millions d'euros supplémentaires seront alloués à l'enseignement supérieur et à la recherche en 2027, sans hausse des frais d'inscription universitaires.
- 143 millions d'euros pour le repas à 1 euro : cette enveloppe permettra de généraliser le dispositif Crous, de recruter du personnel et d'agrandir les stocks.
- 5 millions d'euros pour les études de santé : la réforme proposera une licence avec deux disciplines majeures et un accès dès la première année aux filières MMOPK.
- Des débats pour la présidentielle : Philippe Baptiste souhaite placer le rôle du bac et l'usage de l'intelligence artificielle au centre des discussions politiques.