Visite présidentielle au lycée Chaptal de Mende : critiques syndicales
Le 1er septembre 2026, la visite d'Emmanuel Macron au lycée Chaptal de Mende a été marquée par une mobilisation syndicale devant l'établissement. CGT, FSU et Solidaires ont dressé un bilan critique de dix années de politiques éducatives et dénoncé les conditions d'accueil de cette rentrée présidentielle.
Une mobilisation syndicale devant le lycée
Devant les grilles du lycée Chaptal à Mende, un comité d'accueil syndical s'est rassemblé le mardi 1er septembre 2026, peu avant l'arrivée du président de la République. Malgré un dispositif de sécurité renforcé et une interdiction de manifester décidée par la préfecture à la dernière minute, les représentants de la CGT, la FSU et Solidaires ont tenu une conférence de presse.
L'intersyndicale a profité de cette venue pour dresser un bilan des dix années de politiques éducatives sous les deux quinquennats Macron. Hervé Fumel, représentant de la FSU, et Patricia Pellegrin, déléguée départementale de Sud Éducation Gard-Lozère, ont exprimé leurs critiques face aux orientations prises depuis 2018.
Un bilan éducatif jugé destructeur
Les syndicats qualifient le bilan de "extrêmement négatif" et "destructeur". La réforme du baccalauréat et l'instauration de Parcoursup dès 2018 auraient, selon eux, créé d'importantes inégalités entre les élèves.
Hervé Fumel de la FSU dénonce également "des choix budgétaires rétrogrades et destructeurs pour le service public". Les problèmes évoqués concernent la vétusté thermique des bâtiments, le manque de personnel et les fermetures de classes en milieu rural.
La situation en Lozère
En dix ans, la Lozère a perdu l'équivalent de vingt classes. Patricia Pellegrin estime que le ministre "instrumentalise la baisse démographique au profit de la fermeture de classes, destructurant gravement le maillage scolaire local".
Pour Sud Éducation, la baisse démographique devrait au contraire permettre d'alléger les effectifs par classe afin de mieux faire face aux difficultés scolaires. Cette vision s'oppose à celle des fermetures décidées par l'administration.
Une manifestation entravée
Hervé Fumel pour la FSU avait déposé une demande de manifestation en préfecture le dimanche précédent, demande qui avait été acceptée. Mais le matin même, vers 9h30, soit trente minutes avant le début de la mobilisation, les policiers ont informé les syndicats qu'un arrêté d'interdiction avait été pris, sans pouvoir le montrer.
"On pense que le service de protection du président a demandé à ce que la manifestation n'ait pas lieu. Ils ne voulaient pas qu'Emmanuel Macron croise un seul drapeau syndical", suggère Hervé Fumel. La musique et certaines pancartes ont été interdites, d'autres ont été confisquées.
Témoignages d'élèves et de personnels
Lou, une élève venue manifester contre le dispositif "sans téléphone", affirme avoir été contrainte de supprimer un affichage sur son téléphone disant "Macron tu n'es pas le bienvenu". "Deux hommes dans une voiture m'ont dit que je risquais une contravention", témoigne-t-elle.
Un surveillant de l'établissement a été empêché d'entrer après avoir participé à la manifestation. "Il n'y a plus de démocratie, j'arrive pour exprimer à la presse les revendications locales et derrière on m'interdit de rentrer dans l'établissement", déclare-t-il.
Un sentiment de voix non entendues
Pour les syndicats, cette matinée aura finalement résumé le malaise qu'ils dénoncent dans l'Éducation nationale. Alors qu'Emmanuel Macron venait défendre son bilan et rencontrer élèves et personnels au lycée, certains de ceux venus porter leurs revendications sont restés aux portes de l'établissement.
Le sentiment d'une mobilisation empêchée et la déception de ne pas avoir pu faire entendre leur voix dominent au terme de cette visite présidentielle à Mende.