Deux professeurs agressés en Guadeloupe : syndicats et rectorat divisés
Deux agressions d'enseignants en une seule journée ont secoué l'académie de Guadeloupe le lundi 23 septembre 2026. Un professeur du collège Rémy Nainsouta à Saint-Claude et une enseignante du lycée Carnot à Pointe-à-Pitre ont été victimes de violences de la part d'élèves. Ces incidents relancent le débat entre syndicats et rectorat sur les moyens alloués et le climat scolaire dans les établissements.
I. Deux agressions en une journée dans l'académie
1. L'incident au collège Rémy Nainsouta de Saint-Claude
Au collège Rémy Nainsouta de Saint-Claude, un professeur a été agressé par un élève de 4e alors qu'il souhaitait inscrire un mot dans le carnet, destiné aux parents en raison du comportement de l'élève. L'enseignant a reçu plusieurs coups de poing et a été mordu au doigt.
Suite à cette agression, le professeur a consulté un médecin et déposé plainte. Les enseignants du collège ont débrayé le mardi suivant pour manifester leur soutien à leur collègue.
2. L'agression au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre
Au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, une enseignante a été blessée près de l'œil par un morceau de carrelage lancé alors qu'elle avait le dos tourné. Quatre élèves ont été identifiés comme potentiellement impliqués dans cet incident.
L'enseignante a également consulté un médecin et déposé plainte. L'équipe mobile d'appui médico-social à la scolarisation (EMAS) est intervenue auprès de la classe concernée.
II. Les mesures disciplinaires prises par les établissements
1. Le conseil de discipline à Saint-Claude
L'élève auteur de l'agression au collège Rémy Nainsouta a été placé en mesure conservatoire. Il doit comparaître devant le conseil de discipline le 1er octobre 2026.
2. L'enquête en cours au lycée Carnot
Les quatre élèves identifiés au lycée Carnot ont été placés en mesure conservatoire le temps de l'enquête. Kwakay Bride, directrice de cabinet du recteur, précise qu'une enquête va déterminer qui a lancé l'objet et que l'auteur sera traduit en conseil de discipline.
Une quinzaine d'incidents depuis le début de l'année scolaire 2026 selon la FSU Guadeloupe
Ces sanctions temporaires permettent d'écarter les élèves concernés des établissements pendant la durée de l'instruction des dossiers.
III. La FSU dénonce un manque de moyens structurels
1. Une quinzaine d'incidents depuis la rentrée
Eddy Ségur, secrétaire général de la FSU en Guadeloupe, replace ces agressions dans un contexte plus large. Selon lui, une quinzaine d'incidents ont été recensés depuis le début de l'année scolaire 2026, témoignant d'un problème structurel de climat scolaire.
Le syndicaliste apporte le soutien de la FSU aux enseignants touchés et à l'ensemble des communautés éducatives concernées.
2. La demande de personnel supplémentaire
La FSU réclame davantage d'adultes dans les établissements. Eddy Ségur insiste sur la nécessité de passer de la réaction à l'action : « Nous, ce qu'on veut, ce n'est pas des réactions. On veut de l'action. On veut des moyens. »
3. La question des accompagnants AESH
Le secrétaire général de la FSU évoque également la situation d'élèves en situation de handicap qui ne disposeraient pas d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Selon lui, une quinzaine de collègues auraient déjà été frappés, notamment par des élèves en situation de handicap sans AESH.
Cette problématique soulève la question de l'accompagnement des élèves présentant des besoins spécifiques dans le système éducatif.
IV. Le rectorat défend ses moyens et interpelle les parents
1. Un taux d'encadrement élevé selon le rectorat
Kwakay Bride, directrice de cabinet du recteur, conteste la thèse du manque de moyens. Elle rappelle que l'académie de Guadeloupe connaît une baisse démographique importante tout en conservant un taux d'encadrement parmi les plus élevés de toutes les académies.
Le recteur de l'académie de Guadeloupe, Gabriele Fioni, a condamné « avec la plus grande fermeté » ces agressions et rappelé que toute violence envers les agents de l'Éducation nationale était inacceptable.
2. L'appel à la responsabilité des familles
Pour Kwakay Bride, la réponse doit également porter sur le rôle des parents, la question de l'autorité à l'école et le respect des personnels. Cette position met en avant la dimension éducative familiale dans la prévention des violences scolaires.
V. Les parents d'élèves appellent à une réponse collective
1. Un refus de la culpabilisation des seules familles
Joann Grétifid, président de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves), nuance le discours du rectorat. Pour lui, la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les familles.
2. La nécessité d'un accompagnement partagé
Le représentant des parents d'élèves constate des manquements à tous les niveaux. Il souligne que les institutions ont leur rôle à jouer tout comme les parents, mais que ces derniers doivent être accompagnés dans leur mission éducative.
Cette vision rejoint celle portée par le Lycée Robinson dans son accompagnement des familles qui assument l'instruction de leurs enfants hors du cadre scolaire traditionnel.
L'essentiel
- Deux enseignants agressés le 23 septembre 2026 au collège Rémy Nainsouta de Saint-Claude et au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe
- Mesures conservatoires et conseils de discipline prévus pour les élèves impliqués dans ces violences
- La FSU recense une quinzaine d'incidents depuis la rentrée et réclame davantage de moyens humains, notamment d'AESH
- Le rectorat défend son taux d'encadrement et appelle à une réflexion sur le rôle des parents et l'autorité à l'école