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8 septembre 2026·Société & Débats

Rentrée 2026 : baisse continue des effectifs dans le privé sarthois

Par Estelle Schneider · Actualité éducative

La rentrée scolaire 2026 s'est déroulée dans un contexte tendu pour l'enseignement catholique de la Sarthe. Avec 20 048 élèves inscrits, le département enregistre une baisse de 368 élèves par rapport à l'année précédente. Cette érosion continue, qui touche principalement les zones rurales, contraint les établissements à fermer des classes et à repenser leur modèle économique.

Une chute des effectifs qui se poursuit

L'enseignement catholique sarthois représente 20 % des élèves du département. Cette année, 20 048 élèves ont fait leur rentrée dans les établissements privés, de la maternelle au lycée.

La baisse touche tous les niveaux. Le primaire perd 99 élèves, les collèges 160 et les lycées 109. Seuls les lycées agricoles progressent, avec 79 élèves supplémentaires.

Cette tendance s'inscrit dans une dynamique plus large. Au cours des huit dernières années, le nombre d'élèves a chuté de 10 % en Sarthe, tant dans le privé que dans le public.

Des disparités géographiques marquées

Tous les territoires ne sont pas touchés de la même manière. Éric Billet, directeur diocésain de l'enseignement catholique en Sarthe, constate une certaine stabilité au Mans.

En revanche, les établissements de campagne et de périphérie perdent des élèves, aussi bien dans les écoles que dans les collèges et lycées.

Cette répartition inégale pose des défis spécifiques aux structures rurales, déjà fragilisées par des effectifs réduits.

Fermetures de classes et réorganisations

Face à cette situation, dix classes ont été fermées dans les écoles primaires catholiques de la Sarthe cette année. Quatre classes de collège ont également disparu.

Ces fermetures répondent à une double contrainte. Économiquement, moins d'élèves signifie moins de participations financières et de forfaits municipaux, alors que les coûts fixes demeurent.

Pédagogiquement, gérer quatre niveaux avec très peu d'élèves devient complexe pour les enseignants. Le diocèse surveille particulièrement 14 écoles qui ne comptent plus que deux ou trois classes.

Le cas extrême de La Ferté-Bernard

Le lycée Saint-Paul Notre-Dame de La Ferté-Bernard a fermé ses portes cette année. Il n'accueillait plus que 34 élèves, un effectif insuffisant pour maintenir l'activité.

Il y a deux ans, c'était l'école primaire de Conlie qui avait dû fermer. Ces situations représentent l'étape ultime, après des tentatives de maintien sur le territoire.

Un modèle économique à revoir

La baisse démographique force l'enseignement catholique à repenser son fonctionnement. La masse salariale a déjà été revue au niveau des établissements et du diocèse.

Éric Billet souligne l'importance de ces ajustements : s'adapter est une question vitale. Les choix se font en discutant avec les enseignants, les parents et les collectivités.

L'objectif reste de maintenir une présence éducative sur l'ensemble des territoires, y compris en milieu rural, à travers une solidarité des moyens.

Une question de coût pour les familles

Le directeur diocésain regrette les inégalités concernant le prix de la cantine. Les familles de l'enseignement catholique n'ont pas toujours accès aux aides financières communales.

Elles peuvent ainsi payer plus cher que dans le public, au sein d'une même commune. Cette différence pose une vraie question d'égalité entre les familles.

Une tendance nationale préoccupante

La baisse des effectifs découle principalement de la chute de la natalité. Le nombre de naissances en France n'a jamais été aussi bas depuis 1942.

Cette dynamique risque de se poursuivre dans les années à venir. L'enseignement catholique, comme l'ensemble du système éducatif français, devra continuer à s'adapter.

L'augmentation du coût de la vie joue également un rôle, même si son impact reste secondaire face aux évolutions démographiques.

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