Collège Jean-Zay à Saint-Gratien : une rentrée sous tension
Le collège Jean-Zay de Saint-Gratien dans le Val-d'Oise vit une rentrée 2026 marquée par la colère. Malgré les promesses de moyens supplémentaires en fin d'année scolaire dernière, l'établissement enregistre une réduction massive de son enveloppe d'heures supplémentaires et fait face à des difficultés d'accompagnement des élèves. Les enseignants se sont mis en grève le 14 septembre.
Des promesses non tenues
La direction académique adjointe avait reçu l'équipe pédagogique du collège Jean-Zay en fin d'année scolaire dernière et promis des moyens supplémentaires pour la rentrée 2026.
Un contrat local insuffisant
Selon un enseignant du collège, la seule mesure obtenue est un contrat local d'accompagnement doté de 6 000 euros. Cette enveloppe reste très loin de satisfaire l'ensemble des demandes formulées par l'équipe éducative.
Les demandes d'heures supplémentaires sur la dotation horaire globale, d'ouverture d'une classe de troisième, d'ateliers expérimentaux en sciences, d'atelier théâtre et de six accompagnants d'élèves en situation de handicap supplémentaires sont restées sans réponse.
Une enveloppe d'heures divisée par six
L'enveloppe d'heures supplémentaires effectives (HSE), qui finance les dispositifs d'accompagnement comme l'aide aux devoirs et les ateliers de prévention et secours civiques, passe de 550 heures l'an dernier à 90 heures cette année.
Cette réduction a entraîné la suppression des temps d'accompagnement personnalisé, de l'aide aux devoirs et des clubs périscolaires. Un enseignant y voit une réduction massive des moyens de la part de l'Éducation nationale.
Des résultats au brevet qui interrogent
Les résultats au brevet du collège Jean-Zay justifient selon l'équipe pédagogique le besoin de moyens supplémentaires : 71 % de réussite en 2026 contre 66 % deux ans plus tôt.
Un accompagnement des élèves fragilisé
L'accompagnement des élèves en situation de handicap connaît une situation critique. Une seule accompagnante d'élèves en situation de handicap (AESH) reste en poste après le départ d'une professionnelle présente depuis sept ans.
Douze élèves nécessitant un accompagnement se retrouvent ainsi rattachés à une seule personne. Le rectorat annonce qu'un nouveau recrutement départemental devait avoir lieu le 18 septembre pour pallier cette situation.
Une mobilisation enseignante massive
La mobilisation du 14 septembre 2026 au collège Jean-Zay témoigne de l'ampleur du mécontentement : 87 % des professeurs titulaires étaient grévistes, soit 67 % de grévistes toutes catégories confondues.
Un établissement fragilisé par les départs
Six enseignants débutants ont été affectés au collège Jean-Zay, alors que dix-sept départs ont été enregistrés entre l'année scolaire précédente et le début de celle-ci.
Un enseignant souligne le paradoxe de la situation : l'établissement démarre avec moins de moyens qu'avant la première grève organisée en mai dernier.
Une mobilisation qui se poursuit
L'équipe pédagogique entend poursuivre la mobilisation avec le soutien annoncé des parents d'élèves. Une pétition réclamant davantage de moyens doit prochainement voir le jour pour tenter de peser sur les décisions du rectorat.
Le rectorat de l'Académie de Versailles répond que le collège bénéficie de repères identiques à ceux de l'éducation prioritaire et précise que l'enveloppe de 90 heures HSE concerne uniquement les derniers mois de l'année civile 2026, rendant la comparaison avec les 550 heures de l'année scolaire complète 2025-2026 non pertinente.