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29 août 2026·Actualité établissement

Bac en langue régionale dès 2028 : où en est la réforme ?

Par Carla Andrieux · Actualité éducative

Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé en mai 2026 une nouvelle possibilité pour les lycéens : passer une épreuve de spécialité du baccalauréat dans une langue régionale dès la session 2028. Cette mesure concerne les élèves ayant suivi cette discipline pendant l'intégralité du cycle terminal, soit en première et en terminale. Sa mise en œuvre révèle toutefois des écarts importants entre l'enseignement immersif privé et le système public bilingue.

Une reconnaissance officielle du cursus bilingue

Durant l'été 2026, un décret a créé l'indication « cursus bilingue » sur les diplômes du baccalauréat. Pour Anne-Sophie Brats, présidente du réseau immersif breton Diwan, il s'agit d'une meilleure reconnaissance des langues régionales.

Cette reconnaissance s'ajoute à la possibilité annoncée en mai de composer une épreuve de spécialité en langue régionale. Les deux mesures s'appliqueront à partir du baccalauréat 2028.

Des situations très différentes selon les établissements

Dans les réseaux immersifs comme Diwan ou Seaska, l'enseignement se fait intégralement en langue régionale. Ces structures sont prêtes à mettre en œuvre la réforme.

La situation diffère dans les lycées publics. Aucun enseignement de spécialité n'y est actuellement dispensé en langue régionale. Christophe Betbeder, directeur de l'Office public de la langue basque, constate : « on part de zéro, tout est à construire ».

Les choix actuels de l'enseignement public bilingue

Mathieu Bergé, conseiller régional socialiste de Nouvelle-Aquitaine, explique qu'« aujourd'hui, dans l'enseignement public bilingue, pour des raisons de postes et donc de coûts, on a fait le choix de proposer les matières du tronc commun en langue régionale et pas les spécialités ».

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, souligne l'absence de « financements fléchés spécifiquement pour les heures nécessaires ».

La réponse du ministère de l'Éducation nationale

Le ministère précise qu'« aucun lycée n'a l'obligation d'ouvrir une seule spécialité : les établissements décident de la carte des spécialités qu'ils proposent en fonction de leurs ressources ».

Selon le ministère, « le dispositif ne repose pas sur des créations de postes mais sur la reconnaissance de compétences qui existent déjà ». Un nombre significatif d'enseignants maîtriseraient la langue régionale sans pouvoir le faire valoir dans leur discipline.

Une montée en charge progressive

Le ministère évoque « une montée en charge » avec une offre qui « se construit sur les deux années qui viennent ». Pour Jean-Marc Huart, recteur de l'académie de Bordeaux, « les feux sont au vert » pour un « développement » à partir de la rentrée 2027.

Les modalités de passage d'examen étaient « souvent un frein » à la « continuité » des apprentissages en langue régionale, selon le recteur.

Les demandes des réseaux immersifs

Diwan comme Seaska jugent ce cadre « insuffisant ». Ils demandent l'intégration de l'épreuve anticipée de mathématiques au dispositif, exclue à ce stade par le ministère.

Lors de la session du bac 2026, des élèves basques et bretons avaient composé dans leur langue lors de l'épreuve de mathématiques, dans un acte de « désobéissance » revendiqué. Ils n'avaient pas été pénalisés lors de la correction.

Source : Le Télégramme

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