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24 septembre 2026·Actualité éducative

Sous-effectif en Alsace : les élèves en difficulté sans aide

Par La rédaction moodschool
Photo : Thibault Vetter

En Alsace, la Fédération syndicale unitaire tire la sonnette d'alarme sur le manque de personnels pour accompagner les élèves en difficulté. Infirmières scolaires, psychologues et enseignants spécialisés peinent à répondre aux besoins, malgré les programmes officiels contre le harcèlement et les violences.

I. Une infirmière pour plus de 3 000 élèves en zone rurale

1. Des ratios d'encadrement dénoncés par la FSU

Dans certaines zones rurales alsaciennes, une seule infirmière scolaire doit s'occuper de plus de 3 000 élèves à la rentrée 2026. La Fédération syndicale unitaire compte 250 infirmières sur toute l'académie de Strasbourg, un effectif jugé très insuffisant.

Pour assurer un accompagnement correct, le syndicat estime qu'il faudrait doubler les effectifs. L'objectif : atteindre un maximum de 1 300 élèves par infirmière, voire une infirmière pour 500 élèves dans les zones à forts besoins sociaux.

2. Des établissements sans aucune infirmière

Certains établissements se retrouvent totalement dépourvus de personnel infirmier. Le collège Freppel à Obernai figure parmi les cas signalés par la FSU. Cette absence empêche toute prise en charge immédiate des situations d'urgence sanitaire ou de détresse psychologique.

Valérie Wolff, responsable FSU pour les infirmières scolaires, rappelle que les programmes contre le harcèlement et les violences sexistes nécessitent avant tout des moyens humains pour être appliqués.

« Nous sommes 250 sur toute l'académie de Strasbourg. Pour être en nombre suffisant, il faudrait doubler les effectifs afin d'arriver à un maximum de 1 300 élèves par infirmière. »

La situation alsacienne illustre les difficultés que rencontrent de nombreux élèves, y compris ceux qui préparent le baccalauréat en dehors du système classique.

II. Psychologues scolaires : des postes vacants dans le Bas-Rhin

1. Huit postes manquants dans le premier degré

Le Bas-Rhin aurait besoin de huit psychologues scolaires supplémentaires dans le premier degré pour assurer un encadrement adapté. Géraldine Delaye, secrétaire départementale de la FSU, cite le secteur Haguenau sud qui compte 53 écoles.

Ce secteur dispose de trois postes théoriques, mais l'un d'eux est vacant. Seuls deux psychologues scolaires se partagent donc la charge de travail, rendant impossible un suivi régulier des élèves signalés.

2. Des demandes d'accompagnement en attente

L'impossibilité de répondre à toutes les demandes se traduit par des situations de harcèlement ou de mal-être psychique qui restent sans prise en charge. Les familles qui instruisent leurs enfants à domicile ou les candidats libres au baccalauréat peuvent eux aussi se heurter à ces délais d'attente quand ils sollicitent un bilan psychologique.

III. 692 élèves en attente d'un dispositif Ulis

1. Aucun poste supplémentaire créé dans le Bas-Rhin

Le rectorat n'a créé aucun poste supplémentaire en Ulis (Unités localisées pour l'inclusion scolaire) pour la rentrée 2026. Dans le Bas-Rhin, 692 élèves en attente d'affectation restent dans des classes ordinaires.

Ces jeunes disposent pourtant d'une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), mais ils ne bénéficient pas toujours d'un accompagnant (AESH). Certains AESH suivent jusqu'à six enfants en même temps, faute de recrutement suffisant.

2. Des rémunérations inférieures au SMIC

La FSU souligne la paupérisation des AESH, qui touchent souvent moins que le SMIC car ils ne sont pas à temps complet. Cette précarité freine les recrutements et complique la continuité d'accompagnement pour les élèves en situation de handicap.

Dans un document écrit, le syndicat estime qu'il faudrait créer 568 postes en Alsace : 546 postes d'enseignants spécialisés (Rased) et 22 postes d'Ulis. Cela permettrait de respecter l'objectif théorique de 12 élèves maximum par classe d'Ulis.

L'essentiel

  • Une infirmière pour plus de 3 000 élèves dans certaines zones rurales alsaciennes, selon la FSU, qui demande un doublement des effectifs.
  • 692 élèves en attente d'affectation en Ulis dans le Bas-Rhin, faute de postes créés par le rectorat.
  • 568 postes manquants pour assurer une inclusion respectueuse : 546 enseignants spécialisés et 22 postes d'Ulis selon le syndicat.
  • Des AESH précaires qui suivent jusqu'à six enfants simultanément et touchent souvent moins que le SMIC.

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