Pépinières de chevrettes : les lycées agricoles élèvent des races locales
Depuis quinze ans, le lycée agricole de Poisy, en Haute-Savoie, accueille une pépinière de 70 places dédiée à l'élevage de chevrettes de Savoie. Ce dispositif pédagogique permet aux élèves de participer à la préservation d'une race locale tout en se formant aux métiers de l'élevage caprin.
Le lycée de Poisy, partenaire de la chèvre des Savoie depuis quinze ans
Le lycée agricole de Poisy, situé en Haute-Savoie, héberge depuis quinze ans une pépinière pour l'association de sauvegarde de la chèvre des Savoie. Cette race locale compte 1 200 animaux répartis dans 67 élevages.
L'établissement met à disposition 70 places pour accueillir de jeunes chevrettes. Les animaux sont achetés à trois semaines au prix de 4,50 euros du kilo vif, puis élevés par les élèves jusqu'à l'âge de trois mois et demi.
Une fois sevrées et vaccinées contre la pasteurellose, les chevrettes sont revendues 200 euros la tête. Ce partenariat permet de financer une partie des actions de l'association tout en offrant aux élèves une expérience concrète d'élevage.
Un projet pédagogique au service des races locales
Ce type de partenariat entre établissements agricoles et associations de race répond à un double objectif. Il facilite la constitution de troupeaux pour les nouveaux éleveurs qui souhaitent se lancer, particulièrement avec des races à petits effectifs.
Parallèlement, il constitue un support pédagogique pour les formations agricoles. Les élèves participent aux soins quotidiens, au suivi sanitaire et découvrent les enjeux de la sélection génétique.
D'autres régions ont tenté l'expérience. L'association de la chèvre Lorraine a fait fonctionner une pépinière entre 2017 et 2021, avec des chevreaux achetés 40 euros à quinze jours et revendus entre 140 et 180 euros à sept mois.
Les difficultés rencontrées par certaines initiatives
Tous les projets ne rencontrent pas le même succès. L'association de la chèvre du Massif central a sollicité pendant un an les lycées agricoles d'Ardèche, de Haute-Loire et du Cantal, sans obtenir de réponse positive.
Les éleveurs ont donc décidé d'élever eux-mêmes les jeunes boucs chez les naisseurs, avant de les proposer lors de la fête annuelle de Saint-Front, en Haute-Loire. Six bouquillons ont été élevés en 2025.
En 2025, pour la première fois depuis des années, la pépinière de Poisy a connu un ralentissement. Les places disponibles n'ont pas toutes été réservées. Les réservations sont reparties en 2026.
Des formations agricoles qui évoluent
Ces partenariats illustrent la diversité des projets pédagogiques dans l'enseignement agricole. Au-delà des filières traditionnelles, les lycées agricoles développent des collaborations avec le monde professionnel.
Les élèves de ces établissements peuvent ainsi se familiariser avec la gestion d'une exploitation, le respect des protocoles sanitaires et les enjeux de préservation des races locales.
Pour les associations de race, la collaboration avec les lycées reste un modèle recherché mais difficile à généraliser, faute de moyens humains et financiers.
Vers d'autres modèles de pépinières
Certaines associations explorent des alternatives. Mathias Chebrou, éleveur dans les Deux-Sèvres, a créé une pépinière privée qui accueille des chevrettes de différentes races locales.
Il achète les animaux à huit jours pour 50 euros et les revend 300 euros à quatre mois, après mise en quarantaine et vaccination. Il a accueilli jusqu'à 200 chevrettes issues d'une dizaine d'élevages.
L'association de la chèvre cou clair du Berry a fait fonctionner une pépinière de boucs pendant deux ans avant de l'arrêter faute de moyens, malgré un effectif limité de 700 animaux enregistrés.
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