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24 septembre 2026·Actualité éducative

Nouvelles sanctions en expression écrite : pourquoi les candidats libres sont concernés

Par Carla Andrieux · Actualité éducative
Photo : TF1+

À partir de 2027, une nouvelle règle s'appliquera à toutes les épreuves du baccalauréat : une expression écrite jugée insuffisante entraînera systématiquement une pénalité de deux points, quelle que soit la discipline. Cette mesure annoncée par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray suscite un débat sur les inégalités scolaires qu'elle risque d'accentuer.

I. Une nouvelle pénalité applicable dès 2027

1. Le principe de la réforme

La réforme introduit un barème indicatif qui sanctionnera l'expression écrite dans toutes les matières. Une copie comportant de nombreuses erreurs ne pourra plus obtenir la moyenne en français ou en histoire-géographie, selon les précisions apportées par le ministre dans une interview au Figaro.

Cette pénalisation s'étendra également aux disciplines scientifiques, mathématiques comprises. Le ministre justifie cette décision en affirmant qu'« une expression très mauvaise et un vocabulaire inadapté traduisent une pensée de fond atrophiée ».

2. Les raisons invoquées

Édouard Geffray s'appuie sur les résultats du classement PISA, qui placent la France au 79e rang sur 82 en matière de climat scolaire. Les résultats en compréhension de l'écrit continuent également de se dégrader.

Le ministre présente cette mesure comme un retour à l'exigence et au standard, destiné à « remettre de la bonne exigence » dans l'évaluation des élèves.

79e position sur 82 pour la France au classement PISA en matière de climat scolaire

II. Les conséquences pour les candidats en autonomie

1. Une préparation isolée face à de nouvelles exigences

Les candidats qui préparent le baccalauréat en dehors du système scolaire classique devront intégrer cette nouvelle contrainte dans leur travail. Sans accès quotidien à un professeur pour corriger leurs productions écrites, ils risquent de découvrir leurs lacunes le jour de l'examen.

La maîtrise de l'expression écrite demande un entraînement régulier et des retours fréquents. Les candidats libres qui s'appuient sur des ressources en ligne ou des manuels devront renforcer cet aspect de leur préparation, notamment par un accompagnement structuré.

2. Le poids accru de la langue dans toutes les disciplines

Cette réforme modifie l'équilibre des compétences évaluées. Un élève solide en raisonnement mathématique mais fragile en expression pourra voir sa note amputée de deux points, même si sa démonstration est juste.

Pour les candidats qui préparent plusieurs matières simultanément, cela implique de travailler l'expression écrite de façon transversale, au-delà du seul cours de français.

III. Les critiques adressées à cette mesure

1. Une sanction plutôt qu'une prévention

Yannick Trigance, conseiller régional PS d'Île-de-France, estime que cette réforme s'attaque aux conséquences plutôt qu'aux causes. Il rappelle que les inégalités se creusent dès l'âge de trois ans : les enfants de milieux aisés entendent en moyenne trente millions de mots de plus que les autres avant leur entrée à l'école.

Selon lui, le système éducatif manque de moyens en maternelle, de formation pédagogique pour les enseignants et de classes à effectifs réduits. La simple pénalisation des copies ne comblera pas ces lacunes structurelles.

2. Un risque d'aggravation des inégalités

La mesure risque de pénaliser davantage les élèves issus de milieux où l'accès aux livres, au soutien scolaire ou aux orthophonistes reste limité. Pour ces candidats, l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social mais devient un facteur de reproduction des inégalités.

Yannick Trigance souligne que « la violence symbolique de l'institution envers les élèves en échec est tout aussi réelle » que les comportements agressifs parfois constatés envers les enseignants.

IV. Des alternatives possibles

1. Investir dans la petite enfance

Le conseiller régional cite l'exemple du Portugal, du Maroc ou du Royaume-Uni, qui ont amélioré leurs résultats PISA en investissant massivement dans la petite enfance et la formation des enseignants.

La France dépense dix pour cent de moins que les autres pays de l'OCDE dans l'enseignement primaire, mais trente pour cent de plus pour le lycée. Cette répartition des moyens questionne la cohérence de la politique éducative.

2. Former les enseignants et alléger les classes

Plutôt que d'imposer un barème punitif, il serait possible de former davantage les enseignants à détecter et accompagner les troubles du langage. La baisse démographique permettrait également de réduire les effectifs des classes, tant dans le premier que dans le second degré.

Pour les candidats qui étudient en autonomie, ces débats rappellent l'importance de s'entourer de ressources pédagogiques solides. Un accompagnement adapté peut compenser l'absence de classe physique et permettre de travailler l'expression écrite de manière régulière.

L'essentiel

  • Nouvelle règle dès 2027 : l'expression écrite sera pénalisée de deux points dans toutes les disciplines du baccalauréat, y compris en mathématiques.
  • Justification officielle : le ministre Édouard Geffray invoque les mauvais résultats français au classement PISA et la nécessité de « remettre de l'exigence ».
  • Critique majeure : cette mesure sanctionne les conséquences de lacunes structurelles (manque de moyens en maternelle, classes surchargées) plutôt que d'en traiter les causes.
  • Impact pour les candidats libres : sans accès quotidien à un professeur, ils devront renforcer leur travail en expression écrite de façon autonome ou s'appuyer sur un accompagnement externe.

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