Le concours général s'ouvre au collège dès 2026-2027
Un arrêté du 21 juillet 2026 crée le concours général du collège, ouvert aux élèves de troisième dès cette année scolaire. Cette extension d'un dispositif jusque-là réservé aux lycéens suscite des débats sur la notion d'excellence et son accessibilité.
I. Un concours étendu aux élèves de troisième
1. Cinq disciplines au programme
Le concours général du collège concerne cinq matières : Mathématiques et sciences, Français et culture générale, Histoire-géographie, Arts plastiques, et Informatique, technologie et numérique. Les élèves passent une épreuve unique de 2h30.
Ce sont les professeurs qui proposent la candidature de leurs élèves. Le nombre de candidats par établissement est limité à 10 % de l'effectif total inscrit au diplôme national du brevet. Chaque élève ne peut participer qu'à une seule épreuve.
2. Qui peut participer
Les élèves des collèges publics et privés sous contrat peuvent s'inscrire, ainsi que ceux du Cned, des établissements français homologués à l'étranger et des lycées franco-allemands. Un objectif de parité entre filles et garçons est affiché dans les textes officiels.
Les inscriptions se déroulent du 12 octobre au 19 novembre 2026. Les épreuves nationales auront lieu le 2 février 2027, avec publication des résultats en mars 2027.
10 % maximum des élèves inscrits au brevet peuvent être proposés par établissement
II. Les objectifs affichés par le ministère
1. Créer une émulation
Edouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, justifie cette extension par la volonté de « créer une émulation dans les collèges et de valoriser différentes formes d'excellence ». Il explique vouloir « donner un horizon aux élèves les plus à l'aise et qui ont envie d'être nourris ».
Sur le site du ministère, une phrase résume l'approche : « L'excellence n'est pas une question de lieu, ni de géographie ni de sociologie. Elle est affaire de travail et de talent. »
2. Un dispositif qui remonte au XVIIIe siècle
Le concours général existe depuis le milieu du XVIIIe siècle, d'abord limité à Paris. Il s'est étendu aux départements en 1864 grâce à Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique. Supprimé en 1904, il a été rétabli en 1921 pour les élèves de première et terminale.
Le concours a pris sa forme actuelle en 1923, avant de s'ouvrir aux filles en 1924. En 1995, un concours général des métiers a été créé pour les élèves de la voie professionnelle.
III. Les critiques syndicales
1. Un symbole d'élitisme
Une intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SE-UNSA, CFDT EFRP, CGT Educ'action et SUD Éducation) s'est opposée à cette extension dans un communiqué du 13 mai. Les organisations dénoncent « le symbole d'une forme d'élitisme et d'entre soi ».
Selon ces syndicats, le concours valorise « des savoirs et savoir-faire appris en dehors du collège, donc à promouvoir ce qui est très fortement déterminé par les origines sociales ». Ils critiquent un dispositif qui favoriserait « le tri social et scolaire, la concurrence entre élèves ».
2. Des questions pratiques en suspens
Le Snalc, qui ne s'oppose pas au principe du concours, demande des garanties sur la rémunération des enseignants qui devront travailler davantage pour la surveillance et la correction des copies. Le syndicat s'interroge aussi sur la nécessité d'ajouter ce dispositif alors que d'autres existent déjà.
Les syndicats ont également déploré l'absence de concertation avant la publication de l'arrêté du 21 juillet 2026.
L'essentiel
- Le concours général s'ouvre aux élèves de troisième dès l'année 2026-2027, avec cinq disciplines concernées et une épreuve unique de 2h30.
- Les inscriptions se déroulent du 12 octobre au 19 novembre 2026, sur proposition des professeurs, dans la limite de 10 % de l'effectif de l'établissement inscrit au brevet.
- Les épreuves auront lieu le 2 février 2027, avec publication des résultats en mars.
- Des syndicats dénoncent un dispositif élitiste qui favoriserait les élèves disposant du capital culturel le plus élevé.